"Et vous ? Quel souvenir revient à votre mémoire ? Drôle, Emouvant ? Racontez le moi via notre adresse mail : larmoiredecamille@gmail.com Le 30 septembre, après un vote très très sérieux par le Jury composé de moi même, de ma tendre moitié, d'une ado, d'une amie et d'une cliente. Le meilleur souvenir sélectionné recevra un petit cadeau de l'Armoire de Camille. "
Voici ce qu'évoque pour moi la rentrée : La rentrée était pour nous synonyme d'une activité que nous devions impérativement et immuablement faire, chaque année, à la veille de la rentrée des classes.
Nous, les enfants, nous étions "réquisitionnés" pour le ramassage des pommes de terre dans la Terre de Cotte dont mon oncle Henri était l'exploitant.
Cette journée débutait fort tôt le matin. Le cheval harnaché avec soin était attelé à un char. Sur le char, étaient installés la charrue et nos "outils de travail". La petite tribu prenait place en dernier. Nous quittions la ferme, et après quelques centaines de mètres, un kilomètre tout au plus, nous étions arrivés à "La Terre".
Là, débutait notre folle journée.
La charrue avait remplacé le char, le cheval traçait un sillon le plus droit possible, au rythme de la voix de l'homme et des consignes qu'il connaissait parfaitement. Après son passage, la terre ainsi ouverte laissait apparaître les fameuses pommes de terre.
Et c'est à ce moment-là que nous nous mettions à l'ouvrage. Face à ce premier rang, nous avions un sentiment de démesure, de découragement aussi. Ils semblaient faire des dizaines de kilomètres, ces rangs !!! Nous avions l'impression que nous n'en verrions jamais la fin. Il y en avait une dizaine ainsi. Le dos courbé, nous ramassions, mon frère et mes sœurs, les pommes de terre, avec obligation de faire un tri sérieux. Les petites ou les pommes de terres abîmées par le soc de la charrue allaient dans les grandes bassines en zinc. Elles serviraient à nourrir les cochons des fermes. Les "Belles" comme nous le disions seraient consommées par les deux familles. Les uns après les autres, nos seaux remplissaient les sacs de jute.
A midi, c'était LA PAUSE - comme nous l'attendions ce moment ! Assis sur une couverture à l'ombre du bois, nous savourions le casse-croûte préparé par Tante Joséphine. Et puis : une petite sieste. "Juste le temps de se reprendre", comme disaient les frères. Et voilà nous retournions à notre tâche.
Nous ne quittions la terre que lorsque nous avions achevé le ramassage des PATATES. Là, le cœur léger, le corps épuisé, nous rentrions fiers et heureux. Cette année encore, nous avions réussi à aller jusqu'au bout de nos rangs. Il ne restait plus qu'à décharger dans chaque ferme la production.
Et nous savions bien à l'exécution de cette tâche, que le lendemain ou le surlendemain, nous repartirions vers d'autres lieux.
Il en était fini des soirées d'été, de la liberté, de nos horaires calqués sur ceux du soleil, de notre vie au rythme de la couleur du ciel. Déjà, une nouvelle blouse avait été dépliée sur nos lits.
La rentrée scolaire était là et allait modifier nos rythmes de vie.
(Tonton Henri, sa jument, ici avec la faneuse,
dans la terre de Cotte)